Double assassinat de Gbatongouin : « j’ai égorgé son fils après l’avoir étouffé » les aveux glaçants de Gooré Bi

Près de trois ans après le meurtre de l’institutrice Kéké Loyoh Christelle Flavie et de son fils Moyé Kouamé Kouassi, âgé de 7 ans, la justice a finalement rendu son verdict. Le Tribunal de première instance de Man a condamné, le vendredi 10 juillet 2026, Gooré Bi André Bla Mohamed à la prison à perpétuité pour ces deux assassinats. Sa concubine, Tiémoko Yenouce Marie Christelle, reconnue coupable de complicité, a écopé de cinq ans d’emprisonnement ferme et d’une amende de 200 000 FCFA.

Dans une salle d’audience plongée dans un silence pesant, l’ancien instituteur de Gbatongouin, village situé à 7km de la ville de Man a livré un récit qui a glacé l’assistance. Face au président du tribunal, le juge Diaby Mamadou, il a reconnu avoir ôté la vie à sa collègue et à son fils.

« J’ai donné un coup à la gorge de la mère, elle est tombée. Au même moment, son fils est entré dans la maison. Je l’ai étouffé avant de l’égorger, puis j’ai égorgé sa mère. »

Des aveux d’une rare violence qui ont ravivé la douleur des familles et le souvenir d’un crime ayant profondément marqué la région du Tonkpi et l’ensemble du pays.

Les débats ont également permis de retracer les actes commis après le double meurtre. Pour brouiller les pistes et faire croire à un cambriolage, Gooré Bi a fouillé le domicile de sa victime avant d’emporter son téléviseur. L’appareil sera ensuite vendu afin de financer son déplacement vers Abidjan ainsi que celui de sa concubine. Mais cette fuite sera de courte durée. Quelques jours après les faits, il sera interpellé à Abobo Baoulé, mettant fin à sa cavale.

Tout au long de l’audience, l’accusé a tenté de disculper sa concubine.

« Ma concubine n’est impliquée ni de près ni de loin dans cette affaire. »

En pleurs à la barre, Tiémoko Yenouce Marie Christelle a expliqué avoir gardé le silence par peur des représailles.

« Je ne savais pas qu’il les avait tués. C’est à Abidjan que j’ai vu les images à travers ses sœurs. Quand nous partions à Abidjan, il m’a dit : “Tu n’as rien entendu, tu n’as rien vu, sinon je te ferai la même chose.” »

Pour sa défense, Maître Hervé Kakou a soutenu que son client souffrait de troubles psychiatriques diagnostiqués en 2021 et suivis durant deux années.

« Monsieur le président, qu’est-ce qui prouve qu’il est réellement guéri ? Il boit, il se drogue et n’a pas toutes ses facultés. Tout ce qui vous semble logique, moi j’en doute. La place de Gooré Bi est à l’hôpital, pas en prison », a plaidé l’avocat, sollicitant son internement dans un établissement spécialisé.

Des arguments qui n’ont pas convaincu le tribunal.

Après les réquisitions du ministère public et les plaidoiries des différentes parties, le juge Diaby Mamadou a prononcé la réclusion criminelle à perpétuité contre Gooré Bi André Bla Mohamed. Sa concubine a, quant à elle, été condamnée à cinq ans de prison ferme pour complicité.

Ce verdict met un terme à l’un des dossiers criminels les plus marquants de ces dernières années dans le Tonkpi. Mais à Gbatongouin, où une institutrice et son jeune fils ont été arrachés à la vie dans des circonstances d’une cruauté insoutenable, les blessures restent profondes et le souvenir de cette tragédie continuera longtemps de hanter les habitants.

Les Nouvelles du Tonkpi