
La commune de Danané traverse une nouvelle zone de turbulences politiques. Au lendemain d’une session du conseil municipal marquée par de fortes tensions, des conseillers municipaux dénoncent des irrégularités dans la gestion d’un important projet d’infrastructure, tandis que l’équipe municipale rejette catégoriquement ces accusations.
Une séance du conseil municipal sous haute tension
Réunie le mercredi 29 avril 2026, la deuxième session ordinaire du conseil municipal de Danané s’est déroulée dans un climat électrique. Les débats ont principalement tourné autour du projet de construction du marché dit « Dan », prévu selon le modèle BOT (Build, Operate, Transfer), un mécanisme de partenariat public-privé qui suscite depuis plusieurs semaines des divergences profondes entre élus.
Des échanges particulièrement tendus ont ponctué la séance, au point de faire émerger des incompréhensions persistantes sur les modalités de mise en œuvre du projet.
Des conseillers municipaux passent à l’offensive
Dès le lendemain, jeudi 30 avril, deux conseillers municipaux, Bernadin Domy et Augustin Sekaleu, ont animé une conférence de presse à l’espace Ami des femmes.
Face aux médias, ils ont affirmé agir « au-delà des appartenances politiques », invoquant la défense de l’intérêt général. Les deux élus remettent en cause la transparence entourant le projet du marché, qu’ils estiment insuffisamment présenté aux conseillers municipaux.
Ils évoquent notamment un investissement évalué à environ 1,3 milliard de FCFA, confié à un opérateur privé pour une durée d’exploitation de 15 ans. Selon eux, plusieurs étapes réglementaires liées à la passation de marchés publics n’auraient pas été respectées.
Les conférenciers affirment également que le chantier aurait été engagé avant validation complète de l’organe délibérant. Ils soulignent par ailleurs des zones d’ombre autour du choix du partenaire privé et des conditions financières du projet, tout en s’interrogeant sur des paiements anticipés demandés à certains commerçants pour l’attribution de boutiques.
Autre point soulevé : le déroulement même de la session du 29 avril, durant laquelle certains élus estiment ne pas avoir pu s’exprimer librement sur des sujets jugés essentiels.
L’exécutif municipal rejette les accusations
En réaction, le maire de Danané, Lancine Diabaté Kalifa, a fermement contesté ces accusations dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux.
L’exécutif local parle d’allégations infondées et assure que le projet du marché a été adopté lors d’une session antérieure, tenue le 6 juillet 2024, conformément aux procédures en vigueur et transmis aux autorités compétentes.
Concernant la dernière session du conseil, la mairie affirme que tous les élus ont eu la possibilité de s’exprimer, tout en dénonçant des comportements jugés perturbateurs ayant entraîné des tensions, voire des incidents entre participants. L’exécutif rappelle également le rôle du président de séance dans la gestion de l’ordre et du bon déroulement des travaux.
Un climat politique de plus en plus crispé
Au-delà du seul projet de marché, cette controverse révèle un climat politique tendu au sein de l’instance municipale de Danané. Entre soupçons de mauvaise gouvernance et accusations de blocage institutionnel, le dialogue semble fragilisé entre les différentes parties.
Les conseillers à l’origine des dénonciations annoncent leur intention de saisir les autorités compétentes et les organes de contrôle afin de faire la lumière sur le dossier. De son côté, la mairie appelle au respect des procédures et à la préservation de l’intérêt général.
Dans l’attente d’éventuelles vérifications administratives ou institutionnelles, le dossier du marché de Danané continue d’alimenter les débats et les tensions au niveau local.
Les Nouvelles du Tonkpi
