
À l’occasion de la célébration du 1er mai, fête du Travail, notre rédaction est allée à la rencontre d’une jeune artisane au parcours remarquable. À Man, précisément à la Place de la Paix, Loua Anne fait figure d’exception dans un métier encore majoritairement exercé par les hommes : la tapisserie.
Depuis sept ans, la jeune femme a fait de ce métier une véritable vocation. « Moi, je l’ai toujours voulu. J’ai décidé de faire la différence et de m’intégrer dans ce milieu », explique-t-elle. Un choix assumé, guidé par la passion, mais aussi par la volonté d’ouvrir la voie à d’autres jeunes filles.
Dans son atelier, entre tissus, agrafes et outils de précision, Loua Anne travaille avec assurance. Si elle reconnaît que la tapisserie demande des efforts, elle relativise : « Ce n’est pas trop difficile. C’est un métier physique, certes, mais je m’en sors et surtout, ça me plaît. »
Au-delà de son parcours personnel, elle se positionne comme une source d’inspiration. Son message est clair : briser les barrières et déconstruire les stéréotypes. « Il n’y a pas de métier réservé aux hommes ou aux femmes. Si tu aimes ce que tu fais et que tu le maîtrises, c’est déjà une forme d’intelligence », affirme-t-elle, encourageant les jeunes filles à apprendre un métier et à s’y investir pleinement.
Son engagement et son sérieux ne passent pas inaperçus. Ses collègues, tout comme son patron, ne tarissent pas d’éloges à son sujet. Ouattara Souleymane, maître tapissier bien connu dans la région, témoigne avec fierté :
« Partout où vous passez à Man et même dans l’Ouest, quand vous parlez de Solo Tapissier, quelqu’un dira qu’il connaît. J’ai formé beaucoup de jeunes qui travaillent aujourd’hui pour leur propre compte. »

Il souligne également le parcours de Loua Anne, qu’il a vu évoluer :
« C’est la deuxième fille que je forme ici. Elle venait déjà apprendre quand elle était élève. Aujourd’hui, elle est restée et elle maîtrise parfaitement le métier. »
Pour le maître artisan, la valeur de Loua Anne ne fait aucun doute :
« Dans notre travail, ce n’est pas la force qui compte, c’est la technique. Et elle maîtrise. Souvent, sans elle, je suis dépassé. Elle connaît le travail. »
À travers son parcours, Loua Anne incarne une nouvelle génération de jeunes femmes déterminées à s’imposer dans tous les secteurs d’activité. En ce 1er mai, son témoignage résonne comme un appel à l’audace, à la formation professionnelle et à l’autonomisation des femmes.
Une preuve vivante qu’avec la volonté, la maîtrise et la passion, aucun métier n’est hors de portée.
Les Nouvelles du Tonkpi.
