
À Bleupleu, village situé dans le département de Danané, l’enclavement n’est pas une simple difficulté du quotidien. C’est une urgence humaine qui expose chaque jour des centaines d’habitants à de graves dangers. Faute de pont ou d’infrastructure adaptée pour franchir le fleuve qui sépare la localité de la ville de Danané, les populations sont contraintes d’utiliser un radeau artisanal constitué de troncs de bois assemblés.
Dans cette localité de l’ouest de la Côte d’Ivoire, aller se faire soigner, rejoindre son école, transporter des marchandises ou se rendre au marché relève d’une véritable épreuve. Le seul moyen de traverser consiste à embarquer sur cette plateforme précaire, dépourvue de toute mesure de sécurité. Aucun gilet de sauvetage n’est disponible pour les passagers qui s’aventurent quotidiennement sur les eaux parfois tumultueuses du fleuve.
Une scène particulièrement poignante a récemment illustré l’ampleur du drame vécu par les populations. Une femme enceinte, en proie aux douleurs et aux contractions, a été contrainte de traverser le fleuve sur ce radeau de fortune afin de rejoindre un centre de santé. Une situation qui témoigne de l’extrême vulnérabilité des habitants face à l’absence d’infrastructures essentielles.
Au-delà du danger, la traversée représente un lourd fardeau financier pour les populations. Pour un simple passager, le coût d’un aller peut atteindre 4 000 FCFA. Lorsqu’il s’agit du transport d’une moto ou de marchandises, les tarifs varient entre 10 000 et 15 000 FCFA. Des sommes considérables pour des habitants dont beaucoup vivent essentiellement de l’agriculture et du petit commerce.
Pour ceux qui ne disposent pas des moyens nécessaires, le choix est encore plus dramatique. Certains préfèrent traverser le fleuve à la nage, au risque de perdre la vie. Cette pratique expose quotidiennement les populations à des accidents et à des noyades potentielles.
Face à cette situation, le message des habitants de Bleupleu est clair : ils réclament la construction urgente d’un pont ou de tout autre ouvrage sécurisé permettant de relier durablement leur village à Danané.
Une telle infrastructure mettrait fin à des années de souffrance, faciliterait l’accès aux soins, à l’éducation et aux activités économiques, tout en préservant des vies humaines. À Bleupleu, l’enclavement n’est plus seulement un problème de développement. C’est une question de dignité et de survie.
H. KARA avec ivoireinfotv.net