Né le 16 mars 1941 à Kabakouma, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, Robert Guéï demeure une figure marquante de l’histoire politique et militaire du pays. Issu de l’ethnie Yacouba, il incarne le parcours d’un homme forgé par la discipline militaire et animé par un engagement profond pour la nation.
Formé à l’École des officiers de Bouaké, il entame sa carrière dans les années 1960, à une période où la jeune Côte d’Ivoire construit ses institutions. Sous l’autorité du président Félix Houphouët-Boigny, il gravit progressivement les échelons, gagnant la confiance de la hiérarchie militaire par sa rigueur et son sens du devoir.
Sa nomination au poste de chef d’état-major des armées en 1990 consacre son ascension. Toutefois, en 1995, il est relevé de ses fonctions par le président Henri Konan Bédié, dans un contexte de tensions politiques. Cet épisode marque un tournant dans son parcours, sans pour autant entacher son influence.
Le 24 décembre 1999, dans un climat de crise, Robert Guéï accède à la tête de l’État à la suite d’un coup d’État militaire. À la direction du Comité national de salut public, il s’engage à restaurer l’ordre et à conduire une transition vers un retour à la démocratie. Cette période, bien que brève, reste déterminante dans l’histoire récente du pays.
En octobre 2000, après une élection présidentielle controversée, il cède le pouvoir à Laurent Gbagbo, dans un contexte de forte mobilisation populaire. Ce moment marque la fin de son passage à la magistrature suprême.
Retiré par la suite de la scène politique, Robert Guéï demeure une personnalité influente, attachée à son pays et à sa région d’origine. Le 19 septembre 2002, au début de la crise politico-militaire, il est tragiquement assassiné à Abidjan, dans des circonstances encore sujettes à interrogation.
Aujourd’hui, le souvenir de Robert Guéï reste vivace, notamment dans l’ouest ivoirien, où il est perçu comme un fils du terroir ayant marqué son époque. Militaire respecté, homme d’État au parcours singulier, il laisse l’image d’un acteur clé des grandes mutations de la Côte d’Ivoire à l’aube du XXIᵉ siècle.
Les Nouvelles du Tonkpi.

