Dossier / Zouan-Hounien : l’abattoir en pleine ville inquiète les habitants

À Zouan-Hounien, dans la région du Tonkpi, l’abattoir municipal, situé en plein centre-ville, provoque mécontentement et inquiétude parmi les habitants. Les mauvaises odeurs, la prolifération de mouches et de moustiques, ainsi que les risques sanitaires liés à l’insalubrité, rendent le quotidien difficile pour les riverains et les commerçants du quartier.

Pour Zoh Rodolphe, habitant du quartier Abattoir depuis 1996, la situation est devenue insupportable. « L’abattoir n’est pas assaini. Les déchets restent sur place, et nous sommes confrontés aux mouches, aux moustiques et aux maladies qui vont avec. Il y a un grand collège à côté. Je souhaite qu’on déplace l’abattoir », confie-t-il.

Les nuisances touchent également le commerce local. Dolé Béatrice, présidente des femmes du quartier et vendeuse d’attiéké, raconte que la présence de l’abattoir lui fait perdre des clients. « Quand les clients veulent manger sur place, on a honte à cause des mauvaises odeurs. Avec les mouches et l’odeur des déchets de bœufs, les clients ne font que se plaindre. Je pense même abandonner mon commerce pour ne pas rendre les gens malades », explique-t-elle.

Face à ces préoccupations, la mairie reconnaît la nécessité de trouver une solution, mais rappelle que le déplacement de l’abattoir doit s’inscrire dans un cadre de planification urbaine. Kesseu Michel, premier adjoint au maire, précise que le Plan d’urbanisme directeur (PUD) en cours d’élaboration définira l’emplacement définitif du nouvel abattoir. « Nous ne pouvons pas déplacer l’abattoir sans tenir compte du PUD. Ce plan permettra de situer durablement le nouvel abattoir. La relocalisation pourrait intervenir dans six à douze mois », explique-t-il.

Pour certains habitants, la proximité de l’abattoir présente cependant un avantage pratique. Doya Emmanuel estime que la présence de l’infrastructure permet d’accéder facilement à la viande. « Avoir l’abattoir en ville, c’est pratique. On peut trouver de la viande facilement. À Zouan-Hounien, la viande ne manque pas et c’est au grand plaisir des populations », indique-t-il.

La cohabitation entre habitants et abattoir illustre le défi de concilier développement urbain et bien-être des populations. En attendant le déplacement, les riverains continuent de subir les nuisances, tandis que la mairie appelle à la patience et promet un travail méthodique pour résoudre le problème. « Le développement, c’est d’abord la planification, puis l’action », rappelle Kesseu Michel.

Zouan-Hounien attend donc avec impatience une solution durable qui préservera à la fois la santé publique et l’organisation de la ville.

Les Nouvelles du Tonkpi.

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