Biankouma / Feux de brousse : le Mont Sangbé sous la loupe des chercheurs

La lutte contre les feux de brousse dans le Parc national du Mont Sangbé a franchi une nouvelle étape. Le 16 avril 2026, à la mairie de Biankouma, experts, chercheurs et acteurs de la conservation ont passé au crible les résultats d’une étude scientifique dédiée à ce phénomène préoccupant. L’initiative est portée par l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR), dans le cadre d’un partenariat axé sur la gestion durable des écosystèmes.

Dès l’ouverture, le directeur de zone ouest de l’OIPR, le colonel Zannou Moïse, a donné le ton en appelant à des échanges sans complaisance. « Je compte sur les contributions des uns et des autres pour enrichir les rapports et aboutir à un document vraiment exploitable pour la gestion des feux », a-t-il lancé, rappelant que ces incendies restent « une préoccupation majeure depuis plusieurs années ».

Même son de cloche chez le colonel N’dri Pascal, représentant le directeur technique de l’OIPR, pour qui cette rencontre revêt un caractère stratégique. « C’est une activité technique hautement importante au regard du sujet abordé », a-t-il souligné, avant d’insister sur le rôle central du feu dans l’équilibre des écosystèmes. Il s’est également félicité de l’implication du monde académique, qu’il considère comme un levier essentiel d’amélioration des pratiques.

Au cœur des travaux, les recherches présentées par le doctorant Appahou Koffi Adingra Romain Crésus ont permis de mieux comprendre l’ampleur du phénomène. Son étude met en évidence la récurrence des feux de brousse dans le parc, les mutations du couvert végétal sur une période de 25 ans, ainsi que les différences de diversité floristique entre zones brûlées et non brûlées.

Les discussions techniques ont été particulièrement nourries, avec la participation d’universitaires issus de l’Université Jean Lorougnon Guédé, de l’Université de Korhogo et de l’Université de Man. Les contributions ont permis d’affiner les analyses et de proposer des ajustements méthodologiques.

Parmi les innovations saluées, l’approche combinant placettes et transects a particulièrement retenu l’attention. Une avancée que le colonel N’dri Pascal n’a pas manqué de relever : « C’est la première fois que je vois une étude qui présente un dispositif avec des placettes associées aux transects. Cela nous donne une voie pour intégrer la gestion du feu dans notre suivi écologique. » Une méthode qui pourrait combler certaines limites observées jusque-là dans la gestion du parc.

Au terme des échanges, plusieurs recommandations ont émergé, notamment la nécessité d’intégrer de façon systématique la gestion des feux dans les dispositifs de suivi écologique. L’objectif est de passer d’une réaction face aux incendies à une véritable anticipation, fondée sur des données scientifiques fiables.

Clôturant les travaux, le colonel Zannou Moïse s’est réjoui de la qualité des contributions, saluant « un travail de longue haleine » mené sur plus de deux ans. Pour lui, cette étude constitue désormais « un outil important pour mieux orienter les actions sur le terrain ».

Avec cette rencontre, l’OIPR et ses partenaires disposent désormais de bases solides pour renforcer la protection du Parc national du Mont Sangbé, confronté à des défis environnementaux de plus en plus pressants.

Les Nouvelles du Tonkpi

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